Qu’est-ce qu’un entrepreneur en 2020 ?

L’entrepreneur sous tous ses aspects

Définition entrepreneur

Qu’est-ce qu’un entrepreneur ?

Il existe plusieurs définitions rattachées au concept d’entrepreneur. La définition de l’entrepreneur peut revêtir différents traits selon la vision commune et populaire ou la vision stricto sensu légale et juridique.

Définition de l’entrepreneur au sens commun

L’entrepreneur est un individu (une personne physique) porteur d’un projet qui se traduit par la création d’une activité économique.

Dans la culture populaire l’entrepreneur est généralement assimilé à un créateur d’entreprises, un chef d’entreprise ou à un dirigeant.

Un chef d’entreprise est un entrepreneur dès le moment que celui-ci incarne l’entreprise, une vision et un projet pour celle-ci dans le cas contraire celui-ci est un gestionnaire ou un homme d’affaires (businessman).

Henry Ford, Mark Zuckerberg, Steve Jobs, Xavier Niel, mais aussi le chef Joël Robuchon ou la créatrice de mode Isabel Marant peuvent être considérés comme des entrepreneurs. Tous incarnent ou ont incarné une vision et un projet d’entreprise.

Un entrepreneur en pleine réflexion sur son projet

Définition de l’entrepreneur d’un point de vue légal

Sur le plan juridique, la définition de l’entrepreneur est beaucoup plus simple. L’entrepreneur n’est autre qu’un maitre d’oeuvre relié à un contrat d’entreprise.

Cette notion de maîtrise d’oeuvre est héritée du secteur économique du bâtiment et des travaux publics, mais s’étend désormais à tous les secteurs. L’entrepreneur est celui qui s’engage à effectuer un travail, en réponse à une demande et dans le cadre d’un contrat d’entreprise.

Définition de l’entrepreneur social

Les formes d’entrepreneuriat ont longtemps été rattachées aux modèles des économistes classiques. L’entrepreneur étant vu comme un individu à l’origine d’initiative créative, il prend des risques et ces risques sont récompensés uniquement par le profit et l’accumulation de capital.

Le concept d’entrepreneur social vient étendre le spectre de l’entrepreneuriat pour ne plus le limiter qu’à des aspirations purement capitalistes.

Un changement de paradigme qui a son importance, car on sait désormais que c’est avant le désir de liberté pousse à l’entrepreneuriat plus que la recherche de profit. L’entrepreneur social n’est pas un philanthrope, mais il n’est pas dans une dynamique de maximisation des profits. Il privilège le développement durable, l’impact sociétal et la pérennité de son projet.

Les chiffres de l’entreprenariat

Les Français de plus en plus attirés par l’entrepreneuriat

Devenir entrepreneur est une volonté de plus en plus partagée et de plus en plus de Français tentent l’aventure.

Selon les statiques de l’INSEE près de 30% des Français se trouvent dans une dynamique entrepreneuriale et près de 54% y ont déjà pensé.

Le modèle classique salarial séduit de moins en moins au profit de la création d’entreprise. Ce constat se manifeste directement dans les chiffres de ces dernières années avec une augmentation de plus de 50% de la création trimestrielle d’entreprises entre 2013 et 2019. L’année 2019 a été l’année comptabilisant le plus d’immatriculation d’entreprises.

Les motivations des entrepreneurs

Les raisons qui poussent à entreprendre

Le désir entrepreneurial est propre à chacun et peut être motivé par une ou plusieurs inclinations. L’Agence France Entrepreneur (AFE) a tenté de mettre en avant les principales raisons qui ont motivé les entrepreneurs à aller au bout de leur projet de création et à créer une entreprise.

L’envie d’être son propre patron

49% des entrepreneurs ont été motivés par l’envie d’être leur propre chef. La montée de l’entrepreneuriat met à mal le dogme du salariat. Un besoin de liberté qui ne peut s’exprimer au sein de l’emploi salarié.

Trouver un épanouissement personnel et réaliser son rêve

46% des entrepreneurs ont franchi le pas pour pouvoir réaliser leur passion ou leur rêve et pouvoir en vivre. Contrairement à une idée reçue, la recherche du plaisir et l’épanouissement personnel sont privilégiés à la sécurité ou l’argent.

Gagner plus d’argent

35% des entrepreneurs ont été motivés par l’aspect financier. La recherche du profit reste bien présente chez les entrepreneurs, mais il est intéressant de voir qu’il n’arrive seulement qu’en troisième position. L’appât du gain n’est pas la raison principale qui pousse les individus à entreprendre. Un aspect qui vient contraster avec la définition économique traditionnelle de l’entrepreneur.

Se lancer un nouveau défi

26% des entrepreneurs ont manifesté une envie de changement, la recherche de nouveaux défis et l’envie de sortir de sa zone de confort. Un besoin de casser une monotonie et de sortir des schémas traditionnels.

Changer de métier

19% des entrepreneurs ont été motivés par l’envie de changer du tout ou tout. Il est fréquent de voir des entrepreneurs passer d’un statut de salarié à celui d’indépendant. Il conserve ainsi leur domaine de compétence et d’expertise. Des individus qui font le choix de « passer à leur compte » et deviennent par conséquent entrepreneurs. Ils sont néanmoins nombreux près d’un sur cinq à prendre le contre-pied en faisant le choix de repartir à zéro.

Les craintes d’entreprendre

Les freins à l’entrepreneuriat

Le statut d’entrepreneur fait souvent rêver, il soulève également beaucoup de craintes qui s’avèrent souvent bloquantes.

Le coût de l’investissement financier

27% des personnes ne souhaitant pas se lancer dans l’entrepreneuriat, l’explique par un investissement financier jugé trop important. Créer ou reprendre une entreprise a toujours été connecté à la notion d’investissement. Il existe aujourd’hui des aides à la création, mais celles-ci n’évincent pas la crainte du coût financier réel.

La sécurité de l’emploi

25% des personnes interrogées ne souhaitent pas abandonner la sécurité de l’emploi. Le besoin de sécurité modélisé dans les années 40 par Abraham Maslow est toujours très présent dans nos sociétés modernes. L’emploi salarié et en particulier le CDI est encore aujourd’hui vu comme un symbole sécuritaire qu’il reste difficile d’abandonner.

La peur de l’échec

23% des personnes interrogées avancent le risque d’échec comme un argument majeur. La peur de l’échec, de ne pas être à la hauteur ou tout simplement d’être jugé est encore très présent dans notre culture. Ce constat est moins présent dans les sociétés anglo-saxonnes où l’échec est vu comme une forme d’apprentissage.

L’absence d’intérêt

23% des personnes interrogées n’ont jamais envisagé la création ou la reprise d’entreprise. Il faut noter que près des trois quarts des entrepreneurs sont eux-mêmes issu d’une famille d’entrepreneurs. S’il est vrai que l’on ne naît pas entrepreneur, mais qu’on le devient, il est néanmoins intéressant de noter que la fibre entrepreneuriale a tendance à se transmettre.

La lourdeur administrative

18% des personnes trouvent les démarches administratives trop contraignantes. Un mal très français où les formalités administratives peuvent parfois sembler insurmontable. Choisir une forme juridique, déclarer sa comptabilité, souscrire une assurance, etc. Créer son entreprise est toujours vu comme un chemin de croix administratif.

Micro-entreprise et entrepreneuriat

Quelle est la différence entre un entrepreneur et un auto-entrepreneur ?

L’appellation auto-entrepreneur est liée à un statut juridique. L’auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur est une appellation utilisée pour les créateurs d’entreprises sous le régime de la micro-entreprise (entreprise individuelle).

L’entrepreneur n’est quant à lui rattaché à aucun statut juridique. Un entrepreneur peut très bien être un auto-entrepreneur tout comme il peut être à la tête d’une entreprise cotée en Bourse. La micro-entreprise est un statut qui a été créé pour venir encourager l’esprit entrepreneurial, notamment à travers des facilités administratives.

Les entrepreneurs et la micro-entreprise

Un nouveau statut pour encourager l’entrepreneuriat

Le régime de la micro-entreprise anciennement auto-entreprise est venu apporter un changement majeur chez les entrepreneurs. Sa mise en œuvre en 2009 a entraîné une explosion de la création d’entreprises. Ce sont des centaines de milliers d’individus qui s’inscrivent chaque trimestre en tant qu’entreprise individuelle. Les démarches administratives simplifiées et l’absence de charge en cas de chiffre d’affaires nul encouragent tout à chacun à tester une idée d’entreprise.

La pérennité des auto-entrepreneurs

La micro-entreprise a su attirer un grand nombre d’entrepreneurs à se lancer. Le succès et la pérennité sont malheureusement moins fréquents dans l’auto-entrepreneuriat. Les chiffres montrent que la moitié des auto-entrepreneurs sont inactifs ou radiés un an après leur création.

L’INSEE montre également que seulement 38 % des auto-entreprises sont encore présentes cinq ans après leur création. Un chiffre bien en dessous des entreprises classiques (60% de pérennité sur la même période).